Quel bilan peut-on dresser de la politique de l’opposant historique guinéen après presque 10 années passées à la tête de l’État ?

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Partout dans le monde le soucis majeur d’un président sortant est beaucoup plus axé sur le bilan qu’il doit laisser à son peuple. Sauf qu’en Guinée après le coup d’état constitutionnel du 22.03.20 , le soucis majeur  du président en exercice est de trouver les voies et moyens pour se pérenniser au pouvoir et même si cela était contraire à la volonté du peuple. Et à l’allure où vont les choses, il va sûrement se maintenir au pouvoir au delà de 2020 et le gouvernement actuel sera probablement reconduit, malgré ses défaillances.

À ce titre, il est donc très important de dresser le bilan de l’actuel « Big Man »  de Conakry, afin d’éclairer la lanterne de ceux qui ne veulent pas faire partie de cette horde de loup affamés qui se sert du peuple de Guinée, pour continuer à garder ses privilèges.

Coincé aujourd’hui entre une opposition en manque d’orientation, de stratégie et une panoplie d’anciens et nouveaux prédateurs de l’économie guinéenne, le « Mandela guinéen » prend soin de gouverner de manière tout à fait opposé aux idées qu’ils professait auparavant.

Et il a surtout du mal à se rester fidèle, car il agi aujourd’hui de façon égoïste et égotique. Et il semble par manque d’amour propre pour la Guinée avoir besoin d’être autorisé par son clan  à prendre des responsabilités politiques  et  pourtant s’il  restait fidèle à lui même et s’il était surtout soucieux du devenir de son peuple, il  n’aura point besoin d’être autorisé par un clan de prédateurs qui n’a que du mépris pour la Guinée. Et il démontre ainsi qu’il n’a jamais été un homme d’état, mais plutôt un simple politicien.

En effet, s’il était un homme d’état, avec des projets et vision pour la Guinée, il devrait de nos jours se soucier du bilan qu’il allait laisser au peuple de Guinée.

Un bilan qui se voulait d’être orienté vers un modèle de développement élargi
à tous les guinéens, vers la construction d’une société démocratique et d’une économie, à la fois productive et inclusive, où chaque guinéen disposera d’un accès à la richesse et à son bien-être.

Un bilan avec lequel la Guinée de demain devrait  construire  «une économie moderne, prospère, résiliente et solidaire », sur la base d’une stratégie de développement comprenant des objectifs à moyen et long termes qui seront soumis au débat parlementaire et avec la société civile.

Un bilan avec un engagement politique qui est surtout en faveur du développement humain durable, avec une stratégie comprenant une série d’indicateurs permettant de mesurer les performances réalisées et de rendre compte des avancées du processus du développement humain.

Un bilan avec  une gouvernance vertueuse permettant une prise en charge efficace de la lutte contre la précarité, l’impunité, les vulnérabilités et les injustices sociales.

Un bilan avec un impérieux devoir de citoyen  acté sur  les principes directeurs susceptibles de permettre à la GUINEE  de rester debout pour préserver  dans l’épanouissement le présent  de ses populations d’aujourd’hui et le futur  des générations à venir.

Un bilan d’une Guinée de demain axé,sur la prospérité et la solidarité, suivi d’une transformation sociale, économique et structurelle qui s’articule autour de l’unité nationale, la démocratie et la bonne gouvernance pour une économie durable et dynamique.

Malheureusement la Guinée  n’a pas pu retrouver ce chemin avec le « Mandela guinéen ».

Ce pays a pour une énième fois de son histoire le désavantage, de se présenter sous une physionomie de plus en plus inquiétante. Son contexte  est en effet marqué  par des déséquilibres aussi bien économiques (hausse des prix, déficit des comptes publics et extérieurs, gabégie , détournements de deniers publics, fermeture en cascade d’entreprises nationales, difficultés d’accès au financement et aux marchés publics pour les PME/PMI, etc.) que sociaux (chômage persistant des jeunes, pauvreté galopante dans les zones périurbaines et rurales, insécurité, situation précaire des femmes et des retraités, grèves cycliques dans le secteur de l’enseignement , faible prise en charge de l’économie populaire et informelle dans les politiques publiques, etc.).

Ainsi ses  promesses clamées  depuis toujours ne se sont  jamais  traduites de façon concrète dans la vie quotidienne des populations.

Même si les efforts à faire et les sacrifices à consentir  pour une période de 10ans peuvent donc paraître abyssaux, mais c’est avec une ferme détermination à la mesure de ce périmètre que l’on peut déjà circonscrire  par la déclinaison des divers supports  qui en constituent l’ossature. Ainsi vous auriez pu en 10 ans réaliser ce qui suit :

1-    Relever les défis et préoccupations majeurs qui n’ont pas encore trouvé de réponses satisfaisantes aux yeux de nos compatriotes. Il s’agit ici entre autre du domaine de la santé, l’éducation, énergie, eau, environnement…

2-S’adapter à l’évolution numérique et technologique.

3-  Ouvrir la perspective d’un avenir plus prometteur à notre jeunesse, à la femme, à l’entreprise, au paysan, à l’ouvrier, à l’artisan, aux personnes âgées et à notre gouvernance politique et juridique.

4  – Redonner espoir à notre jeunesse qui sera plus forte pour multiplier ses succès sur l’échiquier des grandes nations et porter plus haut la voix de la Guinée.

5  -Accroître les capacités de création de richesses afin de lutter efficacement contre la pauvreté et les exclusions ; le pari d’améliorer la qualité de vie des populations et d’assurer la protection de notre modèle social contre les multiples agressions culturelles.

Vous auriez pu en 10ans Mr le président de la République avec vos idées d’opposant nouer avec le peuple guinéen, des idées sensées  puiser forcément leur vitalité dans la réhabilitation de l’action politique afin de mettre celle-ci au service de la construction du pays de nos rêves, dans la dignité, le respect des droits humains, la protection des personnes vulnérables (les enfants, les femmes, le troisième âge, les handicapés), l’indépendance de la justice, la liberté de presse et l’éthique.

Chacun de ses enfants  devrait y avoir la place qui lui revient pour participer à la construction d’une Guinée prospère, performante.

Et pourtant à part vos hôtels construits pour les pilleurs et acheteurs de nos mines, votre bilan reste mitigé et très d’ailleurs pour un opposant historique.

Quel gâchis professeur Alpha condé!

Car la crise sanitaire du covid-19 a mis à nu, ô combien de fois, votre gouvernement est médiocre et que vous n’avez aucun bilan digne de ce nom à laisser au peuple de Guinée.

Aissatou Chérif Balde

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