Procès du massacre du 28 septembre dans 3 mois: Bah Oury relève des inquiétudes et interrogations

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La Guinée a seulement trois (3) mois pour ouvrir le procès des massacres du 28 septembre 2009. Un délai donné par la Cour Pénale Internationale, à la suite de la visite d’une mission à Conakry, il y a quelques jours. Mais cette décision n’est pas totalement partagée par les leaders d’opinion en Guinée. C’est le cas du président de l’UDRG. A travers son compte Facebook, Bah Oury fait savoir ses inquiétudes sur ce procès attendu depuis 12 ans 

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Celui qui n’a jamais été privé de liberté ne peut pas connaître la valeur de la liberté. Celui qui n’a jamais souffert de la faim ne peut jamais connaître la valeur de la nourriture. Personnellement, j’ai été exilé pendant 5 ans, j’ai souffert de la solitude et de l’absence du pays natal. Donc, je comprends parfaitement la souffrance légitime aussi bien du capitaine Moussa Dadis Camara et du général Sékouba Konaté de se sentir obligés de vivre loin de chez eux, loin des leurs, loin de ceux et de celles qui les aiment. Donc, s’il y a une opportunité aujourd’hui qui est donnée pour leur permettre de renouer avec la terre natale, je ne peux que m’en réjouir .

La gestion du dossier de la tragédie du 28 septembre à mon avis ne doit pas souffrir d’une certaine forme de précipitation. C’est un dossier d’une certaine sensibilité. Et il faut la forme et la méthodologie au préalable avant d’engager des actions tout azimut qui, en se télescopant, peuvent créer des difficultés.

C’est pour cela que je suis un peu étonné qu’on dise qu’au mois de mars prochain, on sera en mesure de juger la tragédie du 28 septembre 2009. En tant que président de la commission d’organisation de la manifestation (du 28 septembre 2009), je souhaite que ce jugement se fasse de la manière la plus professionnelle, la plus conforme aux droits de tous les prévenus et la nécessité absolue de faire en sorte que ce soit un acte symbolique pénal qui conforte la stabilité actuelle et future de la Guinée dans une dynamique de réparation, de repentance et de non répétition de ce genre de tragédie. C’est mon souhait.

Mon inquiétude ne se situe ni au niveau du capitaine Moussa Dadis Camara, ni du général Sékouba Konaté. Elle se situe au niveau de la qualité du travail judiciaire qui a été fait. Comme vous le savez, les magistrats ont dit que l’appareil judiciaire a été complètement politisé. Donc, ça leur enlève dans une certaine mesure une capacité de neutralité et d’objectivité indispensable pour gérer ou juger une affaire aussi complexe que celle-là. Donc, est-ce que notre appareil judiciaire est en mesure d’accueillir et d’organiser un procès juste et équitable ?

Et si ce n’est pas le cas, il faut d’ores et déjà envisager la possibilité d’avoir une coopération judiciaire forte avec certains partenaires, soit africains soit internationaux pour nous permettre d’avoir des magistrats qui pourraient même ne pas être de nationalité guinéenne pour nous permettre d’avoir quelque chose qui puisse nous permettre de réconcilier et de ressouder le tissu national et de faire en sorte qu’aucun dirigeant qui parle au nom de la Guinée ne soit en mesure d’ordonner, de protéger ou de tolérer des actes susceptibles de mettre la vie de plusieurs personnes en cause sur le territoire national pour des intérêts politiciens.

Bah Oury

Président du parti UDRG

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