L’alliance nationale patriotique appel à un sursaut national.

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L’Alliance Nationale Patriotique (ANP) a animée une conférence de presse ce jeudi à la maison commune des journalistes, située à Kipée Dadya.

Au cours de cette conférence de presse, cette nouvelle alliance opposée à toute modification de la constitution guinéenne a tout d’abord qualifiée les soixante ans d’indépendance de la guinée comme étant des années de « misères et de décadence ». Après avoir fait son propre constat sur les régimes qui se sont succédé en Guinée, l’ANP lance un appel à ceux qu’elle qualifie de patriote avant d’évoquer les tâches qu’elle estime immédiate pour dit-elle favoriser le salut de la Guinée.

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APPEL AUX PATRIOTES GUINÉENS

Depuis 1958, les pouvoirs se succèdent, sans aucun changement véritable. Chaque arrivant continue les tares du précédent en les aggravant et en y ajoutant ses propres maux. Les virages historiques de 1984 et 2009/2010 se sont transformés pour le peuple en mirages et faux départs, tant les espoirs ont été déçus. La cruelle vérité est qu’au-delà des dirigeants tous accrochés à la présidence à vie, c’est la continuation et la perpétuation du même système, obstacle infranchissable pour le développement économique, social et culturel de notre peuple, qui est en jeu. C’est ce système qui a entraîné la Guinée dans cette décadence sans fin, faisant de notre pays l’un des plus misérables et des plus corrompus d’Afrique et du monde.

Si la situation actuelle persiste, la jeunesse guinéenne n’aura aucune chance d’être bien éduquée, de travailler et de vivre dignement sur la terre de ses ancêtres.

Les patriotes guinéens doivent tirer les dures leçons de ces victoires du peuple confisquées par des élites politiques pour leurs seuls intérêts égoïstes, leurs privilèges et leur maintien au pouvoir. Nous avons la conviction que la décadence de notre pays et sa descente interminable aux enfers n’est pas une fatalité. Comme en 1958, avec des sacrifices sans limite et une bonne organisation, le redressement est possible, pourvu que le pays revienne aux valeurs fondatrices de la République de Guinée.

Le peuple de Guinée, particulièrement la jeunesse guinéenne doit refuser de sombrer dans le désespoir et la résignation et prendre ses responsabilités afin de relever le défi de la renaissance de notre pays, en hommage aux patriotes africains qui, au péril de leur vie, ont refusé de vendre leur pays ou de trahir leur peuple. Nous devons reprendre le glorieux flambeau légué par les vaillants combattants anti-colonialistes de Guinée et d’Afrique, les démocrates et progressistes dont beaucoup sont morts en héros, assassinés par les ennemis de la liberté et du progrès des peuples africains. Nous devons réhabiliter les nobles valeurs du dévouement pour la cause commune, l’attachement à l’unité et à la fraternité du peuple, le respect de l’Etat de droit, à la justice sociale, l’amour du travail honnête, le refus de la corruption et de l’atteinte au bien public. La Guinée doit cesser d’être un des enfants malades du continent africain pour revenir au rang des pionniers de la lutte pour la renaissance de l’Afrique, pour la liberté, la justice et le progrès. Nous devons restituer au peuple de Guinée sa dignité et sa place dans une Afrique libre, unie et renaissante.

Dans un grand sursaut national pour le sauvetage de notre pays, nous appelons solennellement à un vaste rassemblement de toutes les forces vives. Ce vaste regroupement fait appel à toutes les couches de la population, à toutes les communautés et à toutes les générations. Notre mouvement, bâti sur la base de la défense des intérêts supérieurs du peuple comprendra :

1.      Personnalités patriotes, indépendantes, irréprochables au regard de leur probité et de leur attachement à la démocratie et à l’unité du pays ;

2.      Organisations de la société civile œuvrant pour le bien-être des populations : santé, éducation, citoyenneté, droits de l’homme, de la femme et des enfants ;

3.      Organisations syndicales réellement engagées pour la défense des travailleurs et à leur-bien être ;

4.      Partis politiques s’engageant à défendre l’unité du peuple, l’intérêt général, la démocratie, le respect du bien public, la déclaration des biens des dirigeants publics et le règne de l’Etat de droit.

Tous les membres s’engagent à travailler dans l’unité, la sincérité, la tolérance, la solidarité et le respect mutuel, pour le triomphe de la cause commune du peuple de Guinée.

TACHES IMMÉDIATES POUR LE SALUT DE LA GUINÉE

Considérant le dangereux vide institutionnel dans lequel l’actuel chef de l’Etat a installé notre pays et pour sortir définitivement de ce système criminel, anti-démocratique et corrompu, nous exigeons, à effet immédiat :
1) La dissolution de l’Assemblée Nationale qui n’a plus de mandat du peuple ;
2) La dissolution de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI), bras du pouvoir chargé d’organiser des élections qui ne sont ni libres, ni honnêtes, ni transparentes ;
3) A titre de mesure de sauvegarde, l’interdiction immédiate de tout nouveau contrat minier et de pêche ;
4) La convocation d’une Conférence Nationale – Vérité, Justice et Réconciliation. Cette assisse nationale dont les modalités seront à définir, aura à se pencher sur les soixante et un ans de la gestion catastrophique de la Guinée, afin d’en tirer toutes les leçons, de rendre justice aux victimes, de réconcilier durablement les Guinéens, de mettre en place de nouvelles institutions démocratiques viables, adaptées à nos réalités, garantissant un nouveau départ pour la Guinée, dans l’unité, la démocratie large et inclusive et le progrès. Les élections doivent être conduites par un organe véritablement indépendant et basées sur un fichier électoral fiable, comprenant tous les citoyennes et les citoyens de l’intérieur et de l’extérieur ayant le droit de vote. Aucune élection ne doit se tenir sans ces préalables.

En tout état de cause, l’actuel chef de l’Etat devra quitter ses fonctions à l’expiration de son mandat en décembre 2020. Tant qu’une nouvelle assemblée législative ne sera pas élue en conformité avec les nouvelles institutions démocratiques issues de la Conférence, le chef de l’Etat ne devra pas légiférer par ordonnance.

Des propositions détaillées seront présentées ultérieurement pour fixer les conditions de tenue de la Conférence Nationale – Vérité – Justice – Réconciliation ainsi que ses objectifs et son ordre du jour.

Nous attirons l’attention du peuple de Guinée, de la communauté africaine et internationale sur la gravité de la situation dans laquelle notre pays est plongé et les risques d’instabilité et de troubles affectant toute la sous-région, si rien n’est fait pour résoudre la crise politique et institutionnelle actuelle.

 

Amadou Oury Barry, pour googa224.info

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oury135@gmail.com

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