Hausse du carburant: ‘’c’est une grosse erreur que le gouvernement a fait’’ dixit Dr Faya

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L’augmentation du prix du carburant à la pompe de 9000 à 11 000 GNF n’est pas du goût des opposants au troisième mandat du chef de l’Etat, c’est le cas du président du Bloc Liberal. Pour Dr Faya Lansana Millimono le gouvernement aurait pu aller dans d’autres secteurs à par le carburant pour renflouer les caisses de l’Etat. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, l’opposant se dit persuader que ce dialogue aboutira

Googa224.com: L’actualité reste capitalisée par l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Comment le BL commentez-vous cette actualité sociale ?

Dr Faya: C’est une grosse erreur que le gouvernement a fait, de faire une augmentation. La Guinée vit des réalités concrètement différentes de celles que vivent les autres pays. Le Smig en Côte d’Ivoire, au Sénégal n’est pas la même chose qu’au Smic en Guinée. Notre pays est dans une situation économiquement très difficile. On devrait s’occuper à la pandémie de COVID-19 qui est un facteur, mais il y a d’autres facteurs qui font qu’il n’y a pas véritablement de croissance. On est plutôt en train de vivre une descente aux enfers sur une position du pouvoir d’achat des populations. On aurait pu s’orienter vers d’autres avenues pour renflouer les caisses de l’État, notamment diminuer le train de vie de l’État, diminuer le parc automobile de l’État. La Guinée doit aller dans ce sens-là, au lieu d’aller chercher de l’argent dans les poches qui sont déjà vides. Cela a pour conséquence de l’arrêt de la consommation, l’arrêt de l’investissement. Et cela entraîne naturellement l’exacerbation du chômage et de la croissance de la pauvreté.

Googa224.com: Au même moment les taxes des téléphonies ont augmenté, les bonus donnés tous les vendredis ont été également supprimés, le transport a doublé pourtant le chef de l’État avait demandé aux Guinéens de serrer la ceinture. Est-ce que c’est cette période qui commence avec ce slogan  »gouverner autrement »?

Dr Faya: Le gouverner autrement on est en encore à chercher véritablement à en avoir le sens de ce que ça signifie. On ne peut pas simplement d’atteindre quelqu’un qui se déplace à l’aéroport après avoir fait des tests COVID-19, acheter un billet d’avion pour voyager, à la dernière minute au moment où il prend l’avion, il ne peut pas sortir. Je crois que nous avons encore beaucoup à faire pour que la situation apaisée que nous recherchons puisse se rétablir.

Googa224.com: Autre actualité, des mesures sanitaires ont été reconduites contre la COVID’19. Mais cette fois-ci sans mesure d’accompagnement. Au Bloc Liberal est-ce que c’est une bonne stratégie ?

Dr Faya: Je crois que si au début de cette pandémie, des mesures dites d’accompagnement parce qu’on a parlé de la gratuité du transport public. Mais le transport public tout le monde sait qu’il n’existe pas en Guinée. Je ne crois pas que nous comptions même une vingtaine de bus dans tout Conakry qui font le transport public. Donc si au début il y a eu des mesures d’accompagnement, mais aujourd’hui il y a des secteurs qui sont en train de mourir. Donc l’État doit faire d’avantage pour sauver ce secteur-là. Par rapport aux mesures, je crois que c’est une bonne chose que les mesures soient durcies. Pourquoi, parce que contrairement à ce que nous sommes en train d’observer au niveau du grand public, le virus qui s’invite est encore très actif à travers le monde, et naturellement notre pays. Et cela fait d’ailleurs ces jours-ci plus de victimes dans nos centres de traitement. Alors ceci nous interpelle tous.

Googa224.com: Parlons à présent du dialogue politique et social. Deux rencontres seulement, mais avec les syndicalistes du transport depuis plusieurs mois. Êtes-vous déçu?

Dr Faya: Non, non! Je crois que le dialogue est en train de se faire. D’ailleurs on comprend mieux qu’après l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Le secteur le plus touché dans notre pays il y a contestablement le secteur du transport. On n’a des barrages partout à travers le pays où les gens ne contrôlent pas de papiers, ne contrôlent pas les règles, mais rançonnent. Ça c’est un grand problème. Nous sommes en train de vivre et encore aujourd’hui la fermeture des frontières de notre pays avec d’autres pays de la sous-région. Donc c’est un secteur qui a été véritablement touché. Est-ce que la manière dont on est en train d’approcher le problème ou de conduire le dialogue est efficace ou très tôt pas efficace? Mais je crois que commencer par le secteur du transport peut parler de ce dialogue ça se justifie plutôt. Parce que c’est le secteur le plus touché.

La Rédaction

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