Guinée:Un mandat de trop et les préparatifs d’un enterrement, celui de l’État de droit. Par : Aissatou Chérif Balde

0

Notre montagne a enfanté un directoire, applaudissons à son dernier succès et sous ce nom bientôt inconnu dans l’histoire guinéenne, y’aura plus de nouvel nom de despote.

Ayant adopté depuis dix ans le luxe ridicule, il fait gémir la sainte Constitution, Égalité, Justice et Droit. À son aspect la liberté recule et dans son cœur plus d’humanisme. Il compte rendre la République chère, invivable aux citoyens guinéens mais formidable aux ennemis du peuple.

Telles sont les obligations qu’il a contracté avec le peuple de Guinée en accédant à la magistrature suprême du pays.

Même s’il a tenté, lors de son discours d’intronisation pour un troisième mandat le 15 décembre de duper encore les guinéens, puisque le président Alpha Condé, 82 ans, a invité ses compatriotes à « oublier le passé qui divise au profit d’un avenir d’unité et d’espérance ».

Mais, Il oublie que la paix, l’unité ne sont pas des vains mots et qu’il n’y aura jamais de paix sans justice. Pour qu’il y ait la paix dans ce pays, il faudrait sans doute qu’il appelle les Guinéens qui ne sont pas de son camp à oublier aussi les exactions du présent et par anticipation celles du futur, puisque des jeunes comme Mamady Condé, Souleymane Condé, Ousmane Gaoual Diallo, Foniké Menge Sylla, Cellou Balde, Abdoulaye Bah, Roger Bamba continuent à mourir ou à dépérir en prison parce qu’ils estiment son troisième mandat inconstitutionnel.

Les services de sécurité de l’État guinéen pilotés par Alias Damantang Camara font à peu près ce qu’ils veulent en matière de restriction des libertés en Guinée. Ils ont la licence, de tuer, d’oppresser tous ceux qui sont opposés aux dogmes et pensées de leur « Fama ».

Plusieurs acteurs politiques affiliés à l’opposition tels que Abe Sylla ou encore l’épouse de l’opposant politique Cellou Dalein Diallo en la personne de Hadja Halimatou Dalein Diallo ont été bloqués à l’aéroport, empêchés de voyager, sans qu’aucune raison ne leur ait été donnée. Le dernier à en avoir fait l’expérience ce 17 décembre est l’ancien ministre Mohamed Tall de l’Union des forces républicaines (UFR), le parti dirigé par la deuxième personnalité de l’opposition, Sydia Touré.

Contrairement à des dizaines d’auteurs de violences meurtrières au cours des derniers mois pendant la répression de manifestations politiques, ni identifiés, ni poursuivis en justice, Roger Bamba n’avait manifestement tué personne, mais il a pourtant perdu sa vie le 16.12.20 et les causes précises de son décès funeste ne seront jamais connues.

Nul régime démocratique même de façade, n’a usé, tué des individus plus rapidement, que celui qu’on a en Guinée aujourd’hui. Une singularité guinéenne, puisque nous refusons de comprendre que cette élite dirigeante nous utilise pour continuer à garder ses privilèges.

Est-ce la faute du peuple de Guinée soumis à une souffrance semblable à un châtiment de l’enfer depuis 61 ?

Non, ce peuple a juste eu le malheur d’avoir des diables d’hommes à la tête de l’Etat guinéen, qui ne se sont jamais souciés de son bien être. Ils refusent par irrespect et immoralité, de rester fidèle à l’esprit d’une république démocratique, une et indivisible et de remplir tous les devoirs que leur impose la constitution.

Et d’ailleurs comment peuvent t-ils respecter un tel esprit étant des despotes haineux, égotiques, des rageux, des autocrates en puissance, des personnages boursouflés de leurs egos et donc volontiers narcissiques?

Sans doute faut-il d’abord incriminer les institutions, qui à cause de leur faiblesse détruisent ce pays. Mais ces institutions sont l’œuvre de l’homme. Donc notre problème c’est nous et par conséquent la classe politique dirigeante.

À l’évidence, ce troisième mandat sur fond de tripatouillage constitutionnel n’a aucune légitimité. Qu’à cela ne tienne, ils continueront à rendre ce pays formidable pour les ennemis de la République.

Et pourtant rien n’est capital que la légitimité, les institutions et le fonctionnement de l’État, car la Guinée ne peut se maintenir que par l’Etat, puisqu’elle existe grâce à l’Etat. Cet État que vous êtes prêt à détruire pour des raisons égotiques et égoïstes.

Donc peuple de Guinée, mettons nous à la tâche pour sauver la République. Car le peuple, l’opinion publique sont une force politique, capable de déboulonner tout système autoritaire, et cette force n’est prévue par aucun pouvoir despotique.

 

Par : Aissatou Chérif Balde

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Action non autorisée