Guinée : L’effondrement des transferts d’argent de la diaspora frappe durement les populations par : Mr Ismael Bah

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Les Africains de France sont bloqués et ne peuvent pas rentrer pour apporter de l’argent à leur famille, d’autres sont coincés en Afrique et ne peuvent pas retourner en France
travailler. Depuis le début des mesures de confinement prises à travers le monde les Africains ne peuvent plus rien pour la famille restée au Pays. Période difficile alors qu’une majorité d’Africains « vivent au jour le jour et dépend énormément des transferts monétaires en provenance de la diaspora dispersée dans 77 pays.

Les pays africains bénéficiant le plus des fonds
envoyés par ses expatriés des pays francophones. Selon la Banque mondiale, ces transferts monétaires auraient représenté plus d’un milliard de dollars en 2017, soit 6,7 % du PIB malien. Un calcul qui ne prend pas en compte les
transferts d’argent clandestins qui porteraient ce nombre « à plus de 11 % du PIB national. Ce pourrait même être le
double, voire le triple. Une baisse des envois de fonds des migrants sans précédent dans l’histoire.

Ajouter une misère à la mal gouvernance et la corruption.

Le Covid-19 va causer une chute des transferts monétaires de l’ordre de 20 % dans le monde et de 23 % en Afrique, entraînant une récession aux répercussions multiples. Les Africains auront des difficultés à subvenir à leurs besoins, à payer nourriture, éducation et soins. En Guinée, combinée
aux récentes crises politiques, cette crise économique risque de démultiplier les famines. Au Marché de Koloma, banlieue de Conakry, quatre mangues coutent 12.000FG, un petit ananas 30 à 35 000FG, un petit avocat 7 000FG, etc …

La Guinée, sans électricité, ni eau, déjà sujet à des violences, arrestations et Raffles qui serait organisé nuitamment par le pouvoir et divisions ethnique orchestré par le Président Alpha Condé, sera en première ligne. Près de 35 % des transferts officiels proviennent de la diaspora des Guinéens de France de France, la plus grande hors d’Afrique. La partie francophone du continent, dont les populations émigrent traditionnellement en Europe, sera plus durement touchée à cause d’une dépréciation de l’euro par rapport au dollar

Ces travailleurs Africains en général sont employés dans des secteurs fortement touchés par la crise et les mesures de confinement : le bâtiment, la restauration, le transport, la vente au détail, l’entretien et la manutention. Ce sont de petits salaires, des précaires, qui envoient souvent 50 % de leurs revenus à leur famille restée au pays. Ils sont effrayés, tout est à l’arrêt, ils n’ont plus de boulot. Si certains touchent le chômage partiel, la plupart, les précaires, les non-déclarés, n’ont aucune aide. S’ils ne peuvent travailler, ce n’est pas seulement eux qui en paient le prix, mais dix, vingt personnes restées au Pays et qui dépendent de leur salaire.

Se serrer la ceinture

Mêmes les migrants qui touchent le chômage ou conservent quelques réserves peinent à les reverser, les agences
de transfert comme Western Union ou MoneyGram étant fermées.

En attendant la réouverture des frontières, les Africains vont devoir compter sur des sources de solidarité locales.

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