Cellou Dalein persiste et signe : « Je suis le vainqueur de la présidentielle avec 53,84% »

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Après avoir tenté en vain d’animer une conférence de presse, ce dimanche à son domicile où il est confiné depuis la semaine dernière, Cellou Dalein Diallo, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) qui s’est autoproclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 18 octobre dernier, a dénoncé les violences post-électorales qui s’abattent sur des citoyens considérés comme ses partisans à Conakry et à l’intérieur du pays. Des violences au cours desquelles entre 18 et une trentaine de personnes ont perdu la vie et d’importants dégâts matériels ont été enregistré ainsi que de nombreux blessés et des arrestations.
Depuis sa mise en résidence surveillée dans son domicile, l’ancien Premier ministre – bien qu’interdit de sortie – a régulièrement pris la parole, notamment à travers des vidéos et des publications sur les réseaux sociaux, pour dénoncer la répression contre ses partisans supposés. Pour Cellou Dalein Diallo, une seule personne est responsable de ces violences : le président Alpha Condé qui tient à garder le pouvoir à tout prix. Il l’a réitéré ce lundi 26 octobre dans Les Grandes Gueules diffusées sur les antennes de Radio Espace FM. Cellou Dalein Diallo y a également réaffirmé sa « victoire dès le premier tour » de la présidentielle du 18 octobre dernier avec 53,84%.

A l’entame de son intervention, le leader de l’UFDG a présenté ses condoléances aux familles des victimes. « Je voudrais exprimer ma solidarité à tous ceux qui sont victimes de ces exactions et présenter mes condoléances à tous ceux qui ont perdu des proches », a-t-il lancé avant de revenir sur les origines de la crise en cours en Guinée. « Il faut expliquer objectivement l’origine de ces violences : je crois que Alpha Condé, en décidant de faire un hold-up électoral lors de ces élections, a décidé d’engager une vaste campagne d’intimidation et de violences en même temps pour faire accepter son hold-up électoral. Je rappelle que pour une fois, l’UFDG à investi suffisamment dans la surveillance des bureaux de vote : nous avons mobilisé et recruté 30 000 jeunes, la plupart des diplômés sans emploi. Nous les avons déployé dans les 15 000 bureaux de vote. Nous les avons formés et équipé de tablettes pour leur permettre de capturer dès après l’établissement des PV (procès-verbaux), les originaux même des PV pour nous les envoyer à un centre de traitement et de de complication. Si bien que le lundi matin [le lendemain du scrutin], nous avions les résultats des PV dressés à l’issue du dépouillement dans les bureaux de vote. Ce qui nous a permis de dégager les résultats de chaque candidat. Bien entendu, personne ne pouvait s’imaginer qu’on disposait d’un tel système [pour avoir] les résultats en temps réel. Ceci a dégagé les résultats qu’on a publié. Ces PV existent, nous avons toujours les captures de ces PV. Mais en même temps, Alpha Condé se rendant compte qu’il perdait a demandé de fabriquer d’autres PV permettant justement de le déclarer vainqueur. Ce sont les préfets, les sous-préfets, les ministres déployés dans les préfectures qui ont été mis à l’œuvre. Ils ont fabriqué des PV [et] la fraude a eu lieu pendant la centralisation, c’est-à-dire le lendemain même du scrutin. Lorsque les gens disent que le scrutin s’est bien passé, ils n’ont pas tort : dans le vote il n’y a pas eu de problème, nulle part jusqu’au moment où on a dressé les PV », a expliqué le principal adversaire du président Alpha Condé.

Parlant de la situation en Haute-Guinée, Cellou Dalein Diallo a assuré que le taux de participation est loin de celui présenté par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). « Dans le fief traditionnel de Alpha Condé où il était contesté il y a 5 à 6 mois, la participation a été faible, comme à Siguiri : c’est entre 43% ou 45%. Mais ils ont multiplié par 2 cette participation en disant maintenant que tout le monde avait voté, au point qu’à Faranah ils ont donné 101% », a-t-il indiqué.

S’agissant des cas de morts tant du côté de ses partisans que dans les rangs des forces de sécurité, le président de l’UFDG a condamné les actes qui ont entrainé ces pertes. « Je condamne toutes les tueries. Ce sont des Guinéens. J’ai parlé de nos frères guinéens qui sont dans les forces de défense et de sécurité, ce ne sont pas tous des criminels. Ce sont des hôtes du pouvoir public qui en font des instruments pour commettre des crimes, parce que non seulement les crimes ne sont pas sanctionnés, mais aussi parce qu’on inculque la haine et on leur demande de réprimer par tous les moyens. Je condamne et je présente mes condoléances aux familles de ces gendarmes qui sont des compatriotes qui n’auraient pas dû perdre la vie à l’occasion de ces manifestations », a-t-il ajouté.

A ses partisans, Cellou Dalein Diallo les a invités à rester mobiliser pour défendre « leur victoire ». « Je félicite les jeunes pour la résistance aux agressions dont ils font objet de la part des forces de défense et de sécurité qui devaient assurer leur sécurité, mais qui sont devenues la principale source d’insécurité pour notre peuple. Je les encourage à résister et à défendre leur victoire, parce que la plupart d’entre eux ont voté. On ne peut pas se fier à cette CENI aux ordres, ni à cette Cour constitutionnelle. Donc, comme je l’ai dit tantôt, je ne me fais pas d’illusion : cette Cour constitutionnelle sera incapable de prononcer des résultats en dehors de ceux voulus par Alpha Condé. Je rappelle que Me Kelefa Sall (ancien président de la Cour constitutionnelle) a été débarqué de cette cour en raison justement de sa volonté d’indépendance. Je ne vois pas cette cour prononcée des résultats autres que ceux voulus par Alpha Condé, tout comme la CENI. Mais ceci dit, j’userai de tous les moyens légaux pour faire valoir la vérité des urnes qui m’a donné vainqueur avec 53,84% », a-t-il conclu.

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