« Ce qu’Alpha Condé oublie, la démocratie guinéenne a été acquis chèrement »(Diabaty Doré) interview

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Malgré la libération de certains cadres de l’UFDG, le président de Rassemblement pour la République (RPR) invite ses amis membres de L’ANAD à refuser tout dialogue en Guinée qu’il soit politique ou social jusqu’à la satisfaction complète de leur revendication. Dans un entretien accordé à googa224.com le président Diabaty Doré dit n’avoir pas exclu des manifestations dès après la fin des examens scolaires. 

Depuis le week-end dernier, Abdoulaye Bah, Ibrahima Chérif Bah, Ousmane Gaoul Diallo et Mamadou Cellou Baldé ont retrouvé leur famille après huit mois à la maison centrale de Conakry. Vous êtes membres de l’Alliance Nationale pour l’alternance Démocratique, quelle est votre perception par rapport à cette liberté conditionnelle ?

Personnellement, je me réjouis la liberté conditionnelle accordée à nos compatriotes, aux collaborateurs. Mais vous savez que la procédure a été biégé.

Comment cette procédure a été biégé ? 

Par ce que ce n’est pas la garde pénitentiaire qui doit accorder une liberté provisoire ou conditionnelle à des détenus. Par ce que tout le monde sait déjà comment la justice fonctionne depuis le temps de Monsieur Alpha Condé en 2010. Au-delà de ça, j’aurais souhaité aussi qu’on élargisse cette liberté conditionnelle à d’autres prisonniers tels que Etienne Soropogui, Mamadou Onivogui Kéamou Bogola Haba qui vient d’être aussi transféré à la maison centrale de Conakry. On a dit dès le départ qu’il n’y a pas de preuve palpable contre eux. Ce sont des intimidations pour défier l’UFDG ou de l’opposition. Ce que Monsieur Alpha Condé oublie, la démocratie guinéenne a été acquis chèrement. En aucun cas, nous allons nous mettre dans son jeu pour faire en sorte que notre démocratie, aujourd’hui, soit bafouiller. On sait déjà, à son temps-là, il n’y a pas de démocratie dans notre pays. Il n’y a pas de droit de l’homme. Et c’est pour cette raison que nous nous battons la nuit au jour pour que la Guinée soit en instar des autres pays où du font bon vivre. 

Est-ce qu’il est temps pour vous de participer au dialogue politique et social puisque plusieurs observateurs pensent que c’est un grand pas vers le pardon ?

On ne peut pas dialoguer, on ne peut pas réconcilier en mettant les fils du pays en prison. Moi, je me demande pourquoi sortir certains et faire rentrer d’autres. Est-ce que Monsieur Alpha Condé veut réellement le dialogue ? Nous nous disons simplement aux Guinéens de se lever et de ne pas se laisser pas faire. Comment se fait-il que toi, tu dis que oui, tu veux aller au dialogue, tu veux que tous les fils du pays se retrouvent autour de la table, en même temps que tu sors certains et tu fais rentrer d’autres ? Comment allons-nous comprendre ça ? C’est tout simplement pillage. Comment se fait-il que toi, tu dis que oui, tu veux aller au dialogue, tu veux que tous les fils du pays se retrouvent autour de la table, en même temps que tu sors certains et tu fais rentrer d’autres ? Ça ne marchera pas. 

Qui est-ce qui ne va pas marcher ? 

Il (Alpha Condé) fait tout cela pour opposer les uns et les autres. Mais ça ne marchera pas. Regardez aujourd’hui je ne suis pas là pour ethniser ou bien pour faire autre chose par rapport à cette libération, mais tout le monde sait qu’aujourd’hui, parce qu’ils ont vu quelque part qu’ils sont malades. Mais Étienne Soropogui a été admis à l’hôpital combien de fois ? Mais pourquoi on ne lui a pas libéré. On se pose la question. Il faut qu’on se demande. Il faut qu’on demande la justice guinéenne. Si on doit accorder la liberté conditionnelle à tous les prisonniers qui sont malades, nous considérons que oui Étienne Soropogui doit faire parti aujourd’hui. Parce qu’il a été admis à l’hôpital plusieurs fois. 

Mais il faut reconnaître quand même, il y a une main tendue désormais du pouvoir ? 

Quelle main tendue ? Il y a eu une main tendue.

Mais Fodé Bangoura a déjà lancé les activités politiques et sociales en Guinée dans le cadre du dialogue non ? 

C’est vous qui le dites. Moi, je n’appelle pas ça de dialogue. C’est ça qu’on appelle la consultation. Fodé Bangoura a consulté les transporteurs. Peut-être dans les jours avenir, il va consulter les vendeurs de gombo et du piment au marché. Ce n’est pas ça qu’on appelle dialogue. Voilà comment le dialogue doit se dérouler et comment doit se passer, la nomination de Fodé Bangoura d’abord est un doute. Parce que ce n’est pas un décret qui doit nommer quelqu’un qui doit conduire le dialogue. D’abord, la constitution de mai 2010 donne le garent le Premier ministre de conduire le dialogue. Mais nous avons aussi des institutions aujourd’hui comme le conseil économique social et environnemental est là pourquoi ? C’est pour vous dire qu’il n’y a pas des institutions crédibles dans notre pays. Pourquoi créer d’abord ce cadre de dialogue ? Le dialogue qu’on parle aujourd’hui, qui est-ce que le dialogue fait entre le l’État et les transporteurs ou entre l’État et les vendeurs de cacao ou de piment. Non ! Le problème actuel de la Guinée n’est qu’un problème politique, parce que c’est l’ANAD qui s’est vu voler de sa victoire. Et donc qui a volé sa victoire ? C’est l’état. S’il y avait des dialogues sincères on est découvert dans ce pays et ne pas n’importe qui doit se retrouver autour de la table. 

Mr Doré malgré donc cette libération conditionnelle de certains cadres de l’UFDG vous allez battre le pavé après les examens ?

Oui bien sûr. Nous devons nous retrouver très bientôt pour définir le programme. 

Au moment où le dialogue politique et social est lancé plusieurs détenus politiques sont déjà à la maison. Pourquoi désormais allez-vous descendre dans les rues ? 

La première chose d’abord, regarder comment les Guinéens vivent aujourd’hui ? Mais vous savez que c’est un droit constitutionnel. Et je vous dis que ce n’est pas parce que nous sommes de l’opposition, qu’on va descendre dans la rue pour demander la libération des uns et des autres. Ça fait partir. Mais, autres choses, c’est pour demander au gouvernement, il est temps aujourd’hui de respecter le droit de l’homme dans ce pays.

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