15 organisations de la société civile demande «la dissolution de l’assemblée nationale pour qu’elle soit une assemblée représentative du paysage sociopolitique» (Communiqué)

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DECLARATION DE LA SOCIETE CIVILE GUINEENNE SUR LA SITUATIiON
SOCIO-POLITIQUE NATIONALE

Les récents développements de la situation socio-politique de notre pays depuis octobre 2019 en passant par l’organisation du Référendum constitutionnel contesté du 22 Mars dernier et l’auto-proclamation du candidat de l’UFDG suite à l’élection Présidentiel le du 18 Octobre 2020, affectent dangereusement notre vivre ensemble et décrédibilisent nos institutions pourtant légalement établies.
Si nous ne prenons garde, il y a un risque sérieux de plonger notre pays dans une
situation de chaos et de désordre. Cette situation est alimentée par une tension
politique et sociale ayant sa source dans un Communautarisme entretenu à
desseins par une certaine élite politique sans conscience de tous les risques
d’implosion sociale.
La situation actuelle de la Guinée est celle d’un pays divisé, en perte de repères républicains mettant en exergue une crise politique et institutionnelle de longue durêe. L’absence de solutions efficaces à la crise rend l’état impuissant, menaçant son autorité et même son existence.

Prenant donc la mesure de la situation qui prévaut dans le pays et consciente
de sa mission sociale de veille, d’alerte, d’interpellation et d’actions, la Societé
Civile Guinéenne dans sa diversité à tenue une réunion extraordinaire ce Jundi 16 Novembre 2020 au siège du Conseil National des Organisations de la
Société Civile Guinéenne (CNOSCG), relative à la crise postélectorale qui
secoue le pays depuis le 19 octobre 2020.

Durant 4h d’échanges et de débats, I’Assemblée a passé au peigne fin, la
situation socio-politique nationale assortie des constats et propositions de
sortie de crise.
A ce stade de l’analyse de la situation, nous urganisations de la Société Civile
guinéenne, constatons avec une réelle préoccupation.
Des arrestations arbitraires des leaders d’opposition et même des innocents, en flagrante violation des procedures judiciaires ;
L’immobilisme de la justice face aux agents des forces de l’ordre et de la
sécurité suspectés pendant les violences postélectorales;
L’intolérance, la fragilisation du tissu social et de l’unité nationale;
La communautarisation des conflits et des attaques ciblées contre des
familles;
Le comportement éhonté et déloyal de certains agents des forces de l’ordre et de sécurité pendant les perquisitions: arrestations arbitraires dans les quartiers et rançonnements des personnes arrêtées ;
La détention illégale d’armes à feu (artisanale et de guerre), d’armes
blanches par des civiles; des civiles qui se livrent à des actes de violence
Contre des éléments des forces de lordre (lapidation, lynchages
publics…)
La radicalisation et l’escalade dans les discours publics;
L’abattage illégal des bétails dans la commune rurale de Koumba et la
communautarisation qui a été faite de celui-ci par certains médias;
La destruction des biens publics et privés (les rails, le train, les poteaux
électriques, les routes bitumées);
La démission des parents dans l’encadrement des enfants;
L’escalade verbale sur les réseaux sociaux;
Le rétrécissement de l’espace de liberté des partis d’opposition et de la société civile;
Il ressort des constats les analyses suivantes:
Notre systėme démocratique est né avec une malformation congénitale
(ethnocentrisme et le communautarisme et souffre encore du laxisme et l’instrumentalisation de la justice
La banalisation de la violence et sa justification par une victimisation
politico-ethnique;
Le manque de consensus politique et social sur les institutions nationales
mais surtout sur lagenda politique national
Au regard des constats relevés, nous organisations de la Société Civile
Guinéenne, formulons avec force les douze propositions suivantes à l’endroit
du Président de la République et du Gouvernement pour une sortie rapide de
crise
1. La mise en place d’une commission nationale d’enquete indépendante
pour faire la lumière sur les violences politiques de 2010 à nos jours: juger
les auteurs, commanditalies, Complices et surtout indemniser les victimes
2. L’arrêt immédiat des exactions, arrestations, acharnements contre les
responsables et militants des partis politigues d’opposition ainsi que les
activistes de la société civile;
3. L’ouverture urgente d’un dialogue sincère et inclusif entre toutes les
forces politiques et sociales du pays;
4. Le respect des procédures judiciaires
5. La dissolution de l’assemblée nationale pour qu’elle soit une
assemblée représentative du paysage sociopolitique
6. La formation d’un gouvernement d’ouverture et de missions
7. La révision de la constitution issue du Referendum du 22 Mars 2020 de
maniere consensuelle par une commission d’experts nationaux et de la
diaspora
8. La mise en place d’une Commission d’enquête indépendante pour
élucider tous les cas de violences politiques de 2010 à nos jours et
envisager les indemnisations
9. La tenue du procès du 28 Septembre 2009 au premier semestre de 2021;
10.La mise en place de la haute cour de justice dans les meilleurs délais;
11.L’arrêt des discours belliqueux et les menaces par certains commis de l’Etat
12.L’instauration d’un véritable Etat de droit.
Aux responsables et militants des partis politiques:
L’arrêt de toute forme de manifestation et des discours incendiaires pendant cette période très sensible, au profit d’un dialogue inclusif
Renforcer l’éducation citoyenne des militants, Promouvoir la paix sociale
et I’unité nationale;
Aux oprateurs économiques
La dépolitisation des activités commerciales, l’ouverture des magasins et les lieux de vente;
Aux citoyens Guinéens, particulièrement à la jeunesse:
Le refus de toute forme de manipulation visant à créer le désordre et l’instabilité sociopolitique;
Encadrer les enfants pendant les manifestations;
En conclusion, si rien n’est fait, le mandat en cours s’annonce plus coriace et
difficile du fait d’un manque de Consensus politique, de la gouvernance
égocentrique, de la radicalisation des contestataires, de l’usage de la justice des vainqueurs ou de la justice privée, choses qui risqueraient de compromettre la légitimité et la crédibilité du pouvoir en place.
La Société Civile Guinéenne en appelle à un sursaut patriotique de tous les acteurs sociaux: (Syndicats,
organisations, universitaires, organisations socio-professionnelles, organisations de jeunesse et de femmes…) pour la sauvegarde, la restauration et la préservation des fondements de notre Nation.
Pour ce faire, des consultations seront engagées à partir du vendredi 20
Novembre 2020 avec toutes les forces sociales et politiques nationales sur les
questions saillantes du moment. Au sortir de ces consultations, des actions
fortes et concrètes seront envisagées afin de permettre à la patrie de se tenir et
continuer sa marche dans l’union sacrée.
Sur la base des résultats définitifs du scrutin du 18 octobre 2020, la société civile guineenne demande au RPG et ses allies d’être des bons gagnants, gagner avec humilité, tendre une main collaborative aux autres candidats; Et à l’UFDG et alliés d’être des bons perdants, c’est-à-dire de perdre avec élégance tout en poursuivant le Combat pour l’alternance, la bonne gouvernance et le
développement dans la légalité.

Fait à Conakry, le 18 Novembre 2020.

Organisations Signataires
Le CNOSCG ; la Jeunesse CEDEAO-Guinée; le WANEP ; JCI; POCGR; Le RAJGUI; Guinée avant tout; ANAFAN; ANGG/ROAJEG ; AGRETO/SAJED -G PAMOJA-GUINEE; REGA; FENAG; AGT ; Réseau Recours Citoyen;

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